Saprolite
Formation géologique d’une saprolite (ou arène granitique) : la structure originelle du granite (diaclases, fantômes de cristaux) est conservée, mais la roche est devenue si meuble qu’elle s’effrite à la main ou peut être pénétrée par des racines.
La roche mère : Le granite alcalin d’Evisa issu du complexe annulaire de Porto-Evisa (datant du Permien, il y a environ 280 à 250 millions d’années). Ce granite est dit "alcalin" car il est particulièrement riche en feldspaths alcalins (comme l’orthose ou le microcline) et en quartz, avec parfois des amphiboles sodiques. Lors de son refroidissement profond, la roche s’est contractée, créant un réseau de fissures géométriques appelées diaclases et ce réseau va servir de réseau de circulation pour l’eau.
L’altération chimique (Hydrolyse)
La saprolite n’est pas le produit d’une érosion mécanique (comme le gel ou le vent), mais d’une altération chimique profonde sous un climat chaud et humide. Bien que la Corse ait aujourd’hui un climat méditerranéen, cette saprolitisation majeure s’est principalement déroulée durant des périodes passées beaucoup plus chaudes et humides (notamment au cours du Tertiaire, comme à l’Éocène ou au Miocène, et pendant certains interglaciaires du Quaternaire). Le processus chimique central est l’hydrolyse des feldspaths : L’eau de pluie, chargée en dioxyde de carbone, devient légèrement acide. En s’infiltrant le long des diaclases, cette eau attaque chimiquement les feldspaths alcalins. Le résultat : Les feldspaths se transforment en minéraux argileux (comme la kaolinite ou l’illite) et libèrent des oxydes de fer. Le quartz, quant à lui, reste chimiquement inaltéré mais se retrouve isolé sous forme de grains de sable. La teinte vive couleur rouille de l’affleurement provient de la libération et de l’oxydation du fer contenu dans les rares minéraux ferro-magnésiens du granite. En s’oxydant au contact de l’eau et de l’air, le fer donne naissance à des hydroxydes de fer.












